Le manoir abandonné – Urbex

26 novembre 2016,

« Tu sais où tu vas là ?

— Non. Pour trouver cet endroit, il faut d’abord se perdre. »

Les hommes viennent, partent, construisent, détruisent et parfois abandonnent … Moi je pars en quête de ces lieux abandonnés par les hommes, délaissés par leurs habitants, pour les explorer, découvrir leurs vestiges, leurs histoires.

Dans ce genre d’endroits, on entre par les fenêtres, les trous dans les murs, on escalade, on glisse, on ignore les panneaux d’interdiction …

On s’introduit sans un bruit.

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Il n’y a personne ici, et ce depuis longtemps. Nous sommes des visiteurs, un peu curieux, venus explorer. Tout est sale, tout est cassé. On ose à peine respirer, il ne faudrait surtout pas briser le silence qui règne en ces lieux depuis tant de temps.

L’atmosphère est étrange. Calme. Poursuivre la lecture « Le manoir abandonné – Urbex »

Hiver en prose

Le froid. Tout est figé. Même le temps. Personne dehors, tout est calme.

Le soleil se les pèles. Il tarde à se lever – à sortir du lit, comme nous tous, car il fait bien trop froid en dehors de la couette – et retourne vite se coucher le soir.

Les gens sont plus ronds. Moi compris.
On s’enroule dans des couches et des couches de vêtements :

gros pull, écharpe, bonnet, gants

grosses chaussettes

chemise en flanelle de bûcheron canadien.

Le matin on se fait réveiller par le froid qui lèche le visage.
Il mord le bout du nez. Les orteils ne sont pas épargnés.

La chaleur. Il fait chaud en Hiver, mais pas comme il fait chaud en Été. A ne pas confondre. La chaleur de l’Hiver est douce, elle enveloppe le corps, comme un câlin. Elle protège. Réconforte.
L’Hiver c’est le réconfort.

On prend le temps de se préparer de bons plats chauds. Ça brûle la langue parfois. Souvent. On souffle, souffle. Mais ça manque de patience.
Une petite liste de bons plats chauds :

soupe à la tomate, gratin de patates

blanquette

raclette

les cookies au chocolat qui sortent du four, ce n’est pas un plat, mais c’est bon et chaud.

 

– Célia

(et toi, à quoi ressemble ton Hiver ?)

 

Le rêve d’Alice

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Illustration par Andrès Moncayo.

De tout temps la Nuit fut seule. Froide, sombre mais par-dessus tout, seule. Le Jour laisse la place à la Nuit sans jamais lui tenir compagnie, sans jamais lui adresser un mot. Pourtant, je l’entendais, moi, l’appel de la Nuit. Son doux souffle me parlait sans que je ne puisse comprendre sa langue si étrangère à la mienne. Elle désirait quelque chose de moi. Elle désirait que je la laisse m’emmener, qu’elle puisse me bercer dans ses bras, que plus jamais je ne la quitte. Et jamais plus je ne l’ai quittée …

♠ ♥ ♣ ♦

  La Nuit était inquiétante. Sa noirceur impénétrable me tétanisait le corps. Je ne savais plus où je me trouvais : dehors ? dedans ? J’avais beau réfléchir, la peur m’empêchait de raisonner correctement. Mais pourtant, par-dessus ma respiration saccadée et les battements de mon cœur effrayé, j’entendais. J’entendais un son lointain et comme cassé, à la manière d’un musicien cherchant les notes de son accord, rendant ainsi la mélodie encore plus étrange. Ces petits fragments de musique guidèrent mes premiers pas dans l’obscurité totale qui m’entourait. Puis mes enjambées grandirent au fur et à mesure que le bruit semblait devenir plus proche. Et enfin, comme un phare dans la tempête, une légère lueur blanchâtre apparut devant moi et je m’approchais. Mes pas se distancèrent encore, devenant plus pressants jusqu’au point où je me mis à courir vers cette lumière qui s’intensifiait.

Seulement à présent tout n’était que lumière et blancheur immaculée qui faisait mal à mes petits yeux bleus devenus habitués au noir. Avais-je quitté la Nuit ? Avais-je rejoins le Jour ? Je fixais le sol avec une extrême perplexité. Pas de trace de mon ombre … Mais alors d’où venait cette lumière aveuglante ? Tout autour de moi était d’une homogène couleur. Si j’arrivais à marcher sur une surface dure que j’identifiais comme le sol, impossible cependant de déterminer si mur et plafond il y avait. La peur avait laissé place à l’incompréhension. Mais l’instrument que j’entendais encore et toujours suscitait en moi une grande curiosité. Avant de reprendre ma course, je ne pus m’empêcher de jeter un dernier coup d’œil derrière moi et fus surprise de constater que la pénombre n’était plus. L’espace dans lequel je me trouvais était blanc, et cela à perte de vue.

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